Mange-moi

Antoine Bernhart

Théâtre de la cruauté, visions joyeuses, grotesques, ou infernales, angoisses et extases du sexe et de la torture, il est peu de dire que les artistes Antoine Bernhart et Alan Tex vont jusqu’au bout de leurs démarches respectives, sans se soucier des interdits et conventions (si ce n’est en tout cas pour les dépasser sans sourciller).
Ces créateurs, ayant tout d’abord évolué dans des sphères alternatives et étant maintenant reconnus par galeristes et grands musées, développent ainsi un travail extrêmement idiosyncratique, riche, et de longue haleine. Au sein du Sterput, les dessins et peintures de l’un font écho aux photos de l’autre, pour une proposition entre cabinet de curiosités, cabaret, et foire déviante, une exploration artistique impitoyable et superbe des désirs et terreurs tapis au sein de nos inconscients, une ode, enfin, à tous les freaks, ces véritables héros de la singularité…


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Antoine Bernhart

Meurtres, viols, mutilations en tous genres… le catalogue d’actes de barbarie proposé par Antoine Bernhart est-il soluble dans le champ de l’art ? Membre du groupe néo-surréaliste Phases dès 1968, Antoine Bernhart finit par se faire exclure du mouvement quelques années plus tard au prétexte que ses délires pornographiques seraient trop extrêmes. Antoine Bernhart évolue alors dans des sphères alternatives à l’art officiel et à ses institutions, et intègre un vaste réseau de dessinateurs issus de la contre-culture, plus particulièrement des mouvances punk, en réalisant, par exemple, posters et flyers pour des groupes de psychobilly comme les Cramps ou The Meteor.
Il est important de noter que le punk français a laissé une marque durable sur la culture occidentale dans son ensemble non pas tant, comme c’est le cas aux États-Unis, en Angleterre ou en Allemagne, sur un plan musical et stylistique, que sur un plan graphique. Ainsi, le collectif Bazooka, dont les stratégies d’infiltration post-situationnistes leur ont permis de jouer au cheval de Troie tant au travers des pages de quotidiens généralistes comme Libération, que de revues mensuelles spécialisées comme Actuel. On trouve également les publications à la diffusion volontairement limitée, comme Elles sont de sortie, animées par Pascal Doury et Bruno Richard, dont les héritiers directs se réunissent aujourd’hui à Marseille autour du cercle réuni par Pakito Bolino sous le nom du Dernier cri, et qui encadrent depuis plus de dix ans la diffusion tant imprimée qu’expositionnelle de l’œuvre d’Antoine Bernhart.
Autre territoire de réception, très loin de chez nous, qui accueille avec enthousiasme les dessins d’Antoine Bernhart, celui de l’Eroguro, mouvance underground japonaise qui se traduit grossièrement par “l’exaltation du sexe grotesque et cruel”. Ce mouvement, tant littéraire, que théâtral et graphique, sort de sa clandestinité avec, par exemple, les traductions en français des sublimes mangas de Suehiro Maruo.

www.antoine-b.com

Livre A5 - 16 pages - Peintures et dessins
Impression numérique
Papier MultiDesign 200g
100 exemplaires

January 2018

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